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Devenir chrétiens, en référence au Christ -1
Devenir chrétiens, en référence à l’Eglise -2
Devenir chrétiens, en référence au monde – 3
Récollection à Aiguebelle

« Devenir chrétiens, qu’est-ce que c’est ? ».


 

Comme tous les deux ans depuis le Synode du diocèse de Valence, une trentaine de chrétiens de la paroisse Saint Pierre des Monts du Matin se sont réunis à l’abbaye d’Aiguebelle les samedi 1er et dimanche 2 décembre pour un week-end de récollection. A l’origine de cette récollection, il y avait eu la prise en compte du besoin d’un ressourcement spirituel, personnel, de chaque chrétien. C’est pourquoi on avait choisi l’abbaye d’Aiguebelle, de préférence à tout autre lieu, à cause de la communauté des moines, de leur silence, de leur prière incessante, si précieuse qu’elle les tire du lit au milieu de la nuit.

Cette fois-ci une autre aspiration se faisait jour : celui d’un ressourcement non seulement de chaque fidèle mais aussi et surtout de la communauté comme telle, qui avait besoin de retrouver son unité, d’être restaurée et même guérie. Et cela, curieusement, a pu avoir lieu malgré le silence. Car il s’agissait d’un silence partagé, qui nous rendait profondément attentifs les uns aux autres et disponibles aux enseignements, confiés cette année au Père Philippe MAURIN.

Le thème choisi était : « Devenir chrétiens, qu’est-ce que c’est ? ». Non pas « être chrétiens », mais bien « devenir chrétiens », parce que nous sommes des pèlerins, jamais arrivés ; non pas « chrétien », au singulier, mais bien « chrétiens », au pluriel, parce que devenir chrétien ce n’est pas une petite affaire individuelle, c’est participer de plus en plus à une communauté, à un Corps.
Le Père MAURIN a centré ses interventions sur une intelligence renouvelée des
rites des trois sacrements de l’initiation, que nous croyons bien connaître, tant ils nous sont familiers. Ses trois conférences seront bien entendu mises en ligne sur le site de la paroisse, mais j’aimerais dire ici deux ou trois choses qui m’ont particulièrement marquée.

Du rituel du baptême, qui nous lie pour toujours au Christ, je retiens la force insurrectionnelle de la renonciation au mal.
Car depuis que le monde est monde, il semble tellement évident que l’histoire des hommes est sous l’emprise des sans-foi-ni-loi, des ni-dieu-ni-maître ! Du coup il semble inévitable de céder au désespoir et à la résignation, ou au contraire d’applaudir la violence comme si elle pouvait sauver quoi que ce soit ! Le spectacle du mal nous est rendu tellement quotidien et tellement fascinant, le règne des idoles nous paraît tellement immuable qu’il faut bien une révolution intérieure - une mutinerie, disait le Père MAURIN - pour renoncer à hurler avec les loups. Pour affirmer que rien de tout cela n’aura le dernier mot. Qu’une autre Parole est à l’œuvre dans l’histoire, et que c’est de celle-là que nous avons à nous montrer fidèles héritiers.

Du rituel de l’Eucharistie, qui nous relie chaque jour à l’Église, je retiens la
redécouverte du geste de nos mains lors de la récitation du Notre Père.
Geste que nous effectuons si souvent de manière approximative faute d’en avoir saisi le sens et la beauté. Car il ne s’agit pas, à ce moment là, de tendre vers le Ciel des mains mendiantes, mais de lever nos paumes ouvertes et de les tourner en face de nous, vers ces autres qui sont nos frères et sœurs, puisque c’est dans la présence de l’autre, frère ou sœur en humanité, que nous entrons dans le mystère de la Présence du Père.

Du rituel de la confirmation, qui nous relie au monde, je retiens l’onction du Saint-Chrême.
Huile parfumée. L’huile familière qui résiste au lavage, qui ne risque pas de s’évaporer, qui pénètre, s’infiltre, imprègne, adhère à tout ce qu’elle touche.
L’huile parfumée, pour dire que notre présence dans le monde doit embaumer comme l’after-shave ou le déodorant, dit le Père MAURIN. Pour nous souvenir que dans le monde que nous traversons nous avons à répandre et diffuser la bonne odeur, l’odeur attirante de la présence du Christ. Puisque là où nous sommes, Il veut être, et cela doit se sentir ! Et puis j’ai aimé me rendre compte que ces rites mettent en œuvre quatre ingrédients très humbles et pourtant vitaux : l’eau, l’huile, le pain et le vin. L’eau dans laquelle nous sommes plongés, parce que nous acceptons d’être mouillés dans l’affaire Jésus ; l’huile qui nous marque comme frères du Messie, pour que la fraternité fasse tache d’huile ; le pain que nous mangeons, pour être incorporés au Christ et nous livrer en mémoire de Lui ; le vin des noces, qui coule à flots parce que nous sommes enfants d’une Alliance éternelle.

Anne-Marie DEGOUL






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